|
Home ◊ Statuts ◊ Programme ◊ Règlement ◊ Messages ◊ Direction ◊ Cotisation ◊ Clause de non-responsabilité ◊ Liens ◊ Contact ◊ Index ◊ Documents Start ◊ Statuten ◊ Programma ◊ Reglement ◊ Berichten ◊ Bestuur ◊ Lidgeld ◊ Disclaimer ◊ Linken ◊ Contact ◊ Index ◊ Documenten
|
||
|
Cahier de charges: valorisation de la médecine générale en Belgique |
||
|
| ||
Table des matières:
1. Augmentation du budget de la médecine générale
2. Protection sociale
3. Diminution de la surcharge administrative, principalement au niveau de la prescription
4. Au niveau politique et en rapport avec la Santé publique
5. Organisation et financement d'un système de qualité pour et par les généralistes
6. Confirmer le généraliste dans sa position de premier point de contact pour le patient
7. Organisation de campagnes officielles pour pousser la population à choisir un médecin de famille et à le consulter de préférence en premier lieu
8. Organisation des services de garde
9. Financement structurel des associations professionnelles
Introduction: Pourquoi prévoir une "revalorisation"
Le développement continu d'une médecine de haute technologie sera de
plus en plus difficile à soutenir de façon durable et solidaire par des
systèmes de soins de santé à financement public, comme le nôtre. Le
grand défi et la question qui se pose est l'orientation et les priorités
financières que les pouvoirs publics mettent en avant sur ce plan.
La tendance actuelle verra les pays disposant d'un système d'assurance
généralisée pour l'ensemble de leur population renoncer à cette course
en avant budgétaire, au profit d'un effort d'optimalisation de
l'efficience et de la qualité des soins de santé à l'intérieur d'un
budget donné.
Il est clair, à cet égard, que les soins de santé ambulatoires et
personnalisés offrent le potentiel maximal dans la contribution à un
bénéfice de santé immédiat d'une population entière, particulièrement de
la tranche la moins favorisée de cette population.
Il est dès lors préoccupant de constater qu'il existe chez beaucoup de
généralistes en Europe un vaste malaise ayant des causes multiples.
La Belgique n'échappe guère à ce phénomène, loin s'en faut. La négation,
pendant des années, de l'importance primordiale de la première ligne et
l'absence d'une politique de santé avec une véritable vision, a rendu
cette problématique plus grave encore que dans le reste de l'Europe. Au
point même que les MG - et leurs associations au-delà de la frontière
linguistique - en sont arrivés à se concerter et à chercher ensemble
quelles mesures et actions sont d'une nécessité urgence pour répondre
aux premiers besoins.
Ces besoins sont en effet si vastes et si chroniques que l'existence
même de la profession de généraliste est sérieusement menacée dans notre
pays. Nous aimerions illustrer ceci à l'aide de quelques faits
pertinents:
Dans toute la région frontalière avec les Pays-Bas, de très nombreux
confrères ont mis fin à leur pratique ces dernières années et déplacé
leurs activités en Hollande. Au sein du service de garde de Turnhout,
par exemple, quelque 10% des MG ont disparu en deux ans à peine. Du côté
francophone aussi de nombreux collègues cherchent leur salut en France…
ou ailleurs.
On sait depuis des années que de tous les généralistes en formation (médecins
ayant 9 années de formation universitaire), 30% à 50% à peine pratiquent
effectivement la médecine générale après 5 ans. Les autres n'ont jamais
commencé dans le métier ou ont arrêté leurs activités après peu de temps…
L'incidence du suicide, de la dépression, de l'alcoolisme ou du burn-out
est bien plus élevée dans la profession que dans la population globale
et les généralistes représentent encore un sous-groupe à risque parmi
les médecins.
Les MG qui ont des enfants leur déconseillent de choisir encore cette
profession…
Le médecin de famille occupe cependant, dans l'optique du maintien de
soins de santé de qualité et payables, à travers la mise sur pied d'une
première ligne digne de ce nom, une position-clé.
Une enquête internationale, largement diffusée, menée par B. Starfield
avait déjà conclu il y a plusieurs années que la qualité et le caractère
payable des soins dans les systèmes de santé occidentaux étaient
directement proportionnels aux investissements consentis dans la
médecine de première ligne et la médecine générale.
Une enquête scandinave récente a confirmé ce constat.
Il existe dans certains pays étrangers (dont les Etats-Unis) d'autres
systèmes de soins de santé qui font particulièrement peu, voire pas du
tout, appel au médecin de famille. Ceci conduit inévitablement à des
dépenses très élevées et à une qualité douteuse des soins, et ce tant du
point de vue du patient qu'en termes de santé publique.
Des enquêtes belges (e.a. Schokaert, KUL, et une étude du Bureau du
Plan, de 1990) sur les priorités en matière de soins de santé, en vue
d'investir de la façon la plus rationnelle, sont arrivées aux mêmes
conclusions. Et de nombreuses propositions concrètes en ont été déduites…
Ces données sous-tendues par un travail scientifique n'ont cependant
jamais été vraiment utilisées dans notre contexte belge. Au contraire
même. La pression sociétale et les attentes, tant des décideurs que des
patients, vis-à-vis des généralistes ont été fortement augmentées.
La charge administrative à l'intérieur de la pratique de médecine
générale est énorme et devient menaçante pour la santé des patients : le
temps consacré effectivement aux soins est en partie sacrifié à de la
paperasserie futile.
Des chiffres fournis par l'Inami confirment que la part relative des
moyens dévolus chaque année aux honoraires des MG, a diminué de façon
continue ces quinze dernières années. Ce phénomène s'inscrit dans le
cadre de la sous-valorisation de tous les actes intellectuels de
l'ensemble des médecins, au profit de la médecine technique, plus
lucrative et donc plus coûteuse.
Cette tendance à la baisse a été confirmée récemment par un audit
effectué l'année dernière par un bureau de réviseurs indépendants et qui
est arrivé à la conclusion que le revenu horaire net d'un généraliste
flamand est de 8,9 €.
La formation universitaire de nos médecins généralistes se situe
cependant à un niveau très élevé, tandis que le travail effectué par les
médecins de famille belges est de très bonne qualité et que
l'accessibilité et la disponibilité des MG n'est meilleure nulle part au
monde. D'où le très haut degré, prouvé, de satisfaction de la population
par rapport à nos médecins de famille, par rapport aux longues listes
d'attente et au rationnement des soins dans certains de nos pays voisins.
Les patients étrangers viennent chez nous, les médecins généralistes
vont chez eux.
En tant que groupe, les MG n'ont cependant jamais abdiqué leurs
responsabilités. Des mesures structurelles destinées à soutenir la
position du MG dans le cadre du système de soins n'ont que trop tardé ou
s'avèrent encore largement insuffisantes.
C'est pourquoi les généralistes ont élaboré ensemble un projet reprenant
neuf priorités et connu sous le nom de consensus Nord-Sud. Chacun de ces
neuf points est également important et la réalisation de cet ensemble
global est dès lors un minimum minimorum pour rendre la profession de
généraliste plus attractive et plus vivable, donc pour aller au-delà de
la simple survie.
Les mois actuels sont, dans le cadre des prochaines élections et de la
formation du futur gouvernement, cruciaux pour la prise décision et
l'organisation des soins de santé. C'est le moment où toutes les parties
concernées et donc également les hommes politiques doivent assumer leurs
responsabilités.
Il s'agit de l'avenir des soins de santé en Belgique: les généralistes
méritent mieux, dans l'intérêt tant de la santé publique que du patient
individuel.
1. Augmentation
du budget de la médecine générale d'au moins 45% durant les trois années
à venir, en plus de l'indexation normale
Ce montant évalué sert à infléchir la spirale négative de
sous-financement de la médecine générale durant ces dernières décennies,
à travers un mouvement de rattrapage motivé et programmé:
a. Amener les honoraires des visites à domicile et des consultations à
respectivement 30 et 20 € (une amorce d'égalisation avec certains autre
pays européens).
Il faut aussi introduire et/ou affiner un nomenclature spécifique pour
les actes techniques au sein de la médecine générale.
b. Revaloriser simultanément le Dossier médical global (DMG) à 25 €,
avec une indemnisation supplémentaire pour la gestion du dossier
électronique (EMD/DMI) à 40 €.
c. Elaboration d'un financement pour les autres "missions", tant
nouvelles qu'anciennes et non (encore) rétribuées.
Ceci implique qu'il convient de rétribuer une tâche d'une façon juste et
comparable pour tous les MG ayant une pratique, quelle que soit la forme
de celle-ci et quel que soit le nombre de patients ou de prestations.
Une énumération non-limitative de quelques tâches inclut la concertation
avec d'autres MG et prestataires de soins, la formation continue,
l'honoraire de disponibilité pour les fardes mais aussi pour
l'organisation de la permanence de pratique et de population,
l'élaboration des collaborations en groupe, la représentation de la
profession, les tâches administratives, ...
Le but de tout ceci est d'obtenir un revenu de base acceptable pour le
médecin généraliste, en proportion de son niveau de formation
universitaire (9 ans), de sa grande responsabilité et de sa
disponibilité élevée, liés à la profession très exigeante de généraliste.
L'augmentation du budget est aussi essentielle pour rendre la profession
à nouveau attractive aux yeux des jeunes médecins et/ou à la maintenir
comme vivable.
Elle crée de plus la possibilité d'investissements dans la pratique et
son organisation. L'audit sus-mentionné montre en effet également que
bien des investissements importants sont actuellement post-posés, voire
totalement abandonnés, pour des raisons financières.
Il sera peut-être possible alors d'organiser un meilleur encadrement de
la pratique, par exemple à travers un appui au secrétariat et à
l'administration du cabinet.
Pour avoir enfin, une vue claire de l'ordre de grandeur des différents
budgets partiels et de leur répartition au sein de l'ensemble des soins
de santé, il faut un calcul séparé des honoraires des MG et des coûts
générés par ces derniers.
Nous cherchons donc à obtenir des accords et des conventions (avec les
pouvoirs publics/Inami) qui soutiennent les MG dans l'exercice de leur
profession et qui sont/restent adaptés aux besoins réels des patients et
de la société.
2. Protection
sociale
a. Mise sur pied d'une protection sociale du généraliste, en complément
du statut social lié à la convention, tenant compte du rôle du MG pour
la société et qui lui accorde un revenu garanti à la hauteur de 80% de
son revenu net imposable, e.a. en cas d'accident, de maladie, de
maternité, …
b. Constitution d'une pension à part entière.
Ces mesures sont ajoutées à la revalorisation globale du statut social
des indépendants.
Le statut social - lié au système de la convention - peut être maintenu;
il offre cependant une sécurité et une protection sociales insuffisantes,
tant pour ce qui est de la pension que de la maladie et de l'invalidité,
pour arriver à 80% du revenu net imposable.
Actuellement, tous les médecins peuvent recevoir la même indemnité à
partir du statut social, même s'ils n'ont aucune pratique et s'ils n'ont
aucune obligation conventionnelle (médecins actifs dans l'administration,
médecins-conseils, journalistes, informaticiens, etc). Les médecins
praticiens n'en bénéficient que s'ils ne refusent pas honoraires et
accords tarifaires conclus dans le cadre de la convention. Ce statut
social sert donc de "récompense" pour le fait d'offrir la sécurité
tarifaire aux patients.
La valeur sociale ajoutée des MG dans notre société est considérable. Il
est dès lors choquant de constater que ce sont précisément les MG qui
sont négligés lorsqu'il est question de soutien social. Chaque année
nous vivons des drames sociaux et familiaux lorsque des confrères se
retrouvent soudainement malades ou en incapacité de travail. Le montant
du statut social ne permet pas de s'assurer suffisamment pour tous les
risques sociaux.
On pourrait poser, à partir d'une idée de solidarité, que cette
problématique est la même pour d'autres indépendants et qu'il faut des
mesures supplémentaires pour revaloriser le statut social des
indépendants. C'est indéniablement le cas. Le grand problème est
cependant, lorsque ceci va de pair avec une augmentation solidaire, liée
aux revenus, des charges sociales des indépendants, certains groupes se
retrouvent désavantagés par leur régime fiscal spécifique marqué par la
transparence de leurs revenus et de leur imposition. Les médecins
contribuent déjà largement au budget de la sécurité sociale des
indépendants. Si les règles du jeu sociales ne sont pas les mêmes pour
tous les indépendants, les médecins courent le risque d'être les
premières victimes de leur propre solidarité.
Le statut actuel des généralistes a cependant une apparence trompeuse
d'indépendance et on ne peut pas réellement parler d'une véritable
profession libérale: les tarifs sont en effet fixés par la convention et
les dispositions déontologiques, tout à fait justifiées, mettent aussi
un frein à des honoraires sans limites.
Il reste donc peu d'espace pour une démarche entrepreneuriale
indépendant et la détermination libre de revenus de nature à contribuer
à l'élaboration d'une protection décente.
3. Diminution
de la surcharge administrative, particulièrement en matière de
prescription de médicaments
Du point de vue budgétaire, la maîtrise et le contrôle des dépenses
médicamenteuses sont essentiels. C'est dans cette optique qu'a été créé
un système (médicaments du chapitre IV ou Bf) qui a clairement déraillé
à l'heure actuelle. Il génère lui-même des effets inverses et des coûts
inutiles.
Le MG n'a plus le droit, pour une grande partie des médicaments, de
prescrire en âme et conscience et de façon autonome ce qu'il estime être
nécessaire pour ses patient(e)s. Il doit, pour une série de médicaments
très courants, introduire à cet effet une demande auprès du
médecin-conseil de la mutuelle. Mais celui-ci ne peut juger en âme et
conscience et doit se tenir à des prescrits légaux. Ceux-ci ne sont pas
rédigés à partir de la réalité de la médecine générale, ni sur base des
preuves scientifiques disponibles, mais à partir de considérations qui
sont souvent purement budgétaires. Nous avons des études scientifiques
qui montrent que cette réglementation conduit à priver des patients des
médicaments dont ils ont besoin et à autoriser leur prescription, voire
à l'encourager pour d'autres patients qui n'en ont guère besoin. Cette
réglementation est de plus souvent inutilement compliquée et
difficilement réalisable en pratique. On exige souvent un avis
spécialisé là où celui-ci n'est pas nécessaire et génère donc des coûts
supplémentaires. Très récemment on a encore introduit la condition
supplémentaire qu'un certain nombre de médicaments doivent être
prescrits sur des ordonnances spéciales. On oublie que le MG n'est
jamais indemnisé pour cette bureaucratie supplémentaire, ne dispose
d'aucune aide pour s'acquitter de cette tâche et prescrit souvent des
médicaments en visite à domicile…
Ce système pervers, qui est coûteux, qui porte souvent atteinte à la
relation de confiance entre médecin et malade et représente une source
continue d'énervement, doit dès lors être abrogé.
Du point de vue de la qualité, ce système peut être remplacé par
l'organisation d'un feedback basé sur des profils de prescription
réalisés à l'initiative et sous le contrôle des généralistes eux-mêmes
et donc sur base de données contrôlables. La mise sur pied d'un tel
système de feedback est aujourd'hui prête à être concrétisée et pourrait
être rendue opérationnelle dans les plus brefs délais. Elle exige
simplement un investissement de la part des pouvoirs publics, non dans
un contrôle accru par les mutuelles, mais dans un soutien accru aux
organisations de généralistes.
Du point de vue budgétaire, d'autres mesures complémentaires devraient
être envisagées, responsabilisant les autres acteurs et aidant bien
mieux à maîtriser les budgets.
Par exemple via la réalisation de contrats prix-volumes entre les
pouvoirs publics et les entreprises pharmaceutiques. Ceux-ci sont
indéniablement possibles sur la base de besoins estimés de façon
réaliste et d'une fixation adéquate des prix lors de l'introduction de
médicaments innovants, mais peuvent aussi dans le cas de produits
existants permettre d'arriver à une offre et à une utilisation correctes
des médicaments. Ceci empêche que le médecin, souvent coincé entre des
intérêts contradictoires, ne soit continuellement stigmatisé comme le
seul responsable du recours excessif aux médicaments.
A côté de cela il faudrait conclure avec l'industrie pharmaceutique des
accords détaillés concernant des stratégies de marketing adéquates et
justifiées sur le plan éthique qui ne seraient pas axées uniquement sur
des ventes maximales mais sur l'utilisation correcte du médicament qui
convient dans les indications appropriées.
Il faut remarquer que nous sommes de plus en plus souvent confrontés, en
tant que généralistes, aux conséquences de publicités, masquée ou non,
dans les médias, poussant à la consommation médicamenteuse.
Actuellement les décisions concernant les prix et les conditions de
remboursement sont prises dans un certain nombre de commissions
techniques. Les médecins praticiens des organisations représentatives de
défense professionnelle n'y sont impliqués que très partiellement et ne
sont ni indemnisés ni soutenus pour leur participation et leur présence.
Ceci conduit dès lors à des situations où les accords et les
prescriptions peuvent très difficilement être réalisés dans la pratique
et où des adaptations et des modifications indispensables ne sont
souvent pas effectuées.
4. Au niveau
politique et en rapport avec la Santé publique
4.1. Dans toutes les structures de concertation, tant au niveau fédéral
que communautaire et régional, les généralistes doivent être:
a. présents avec voix délibérative
b. mandatés par leurs pairs
c. payés de façon décente par la collectivité.
4.2. Priorité au financement et à la reconnaissance des cercles de
généralistes
4.3. Reconnaissance des cercles locaux avant toute structuration plus
poussée de la première ligne
4.4. Dans toutes les structures opérationnelles de la première ligne
doivent siéger des MG mandatés par leurs pairs
Une bonne organisation des généralistes, aux niveaux local, régional,
communautaire et fédéral est essentielle pour l'élaboration des soins de
santé de première ligne et pour la concertation mandatée avec les autres
partenaires. Ceci doit se passer à tous les niveaux de décision
politique pour l'exécution d'une politique de santé.
Pour réaliser ceci, il faut autoriser et reconnaître une représentation
commune correcte des associations scientifiques, organisationnelles et
syndicales.
Le groupe des généralistes a, en la matière, une importante
responsabilité à assumer. Les organisations de MG existantes doivent
chercher ensemble à élaborer des structures organisationnelles plus et
mieux intégrées, garantissant une représentativité démocratique pour les
généralistes.
De cette façon, les MG pourraient choisir eux-mêmes et déléguer leurs
propres représentants, et ce via la mise en œuvre de principes
démocratiques et transparents.
Les pouvoirs publics peuvent participer à ce processus par la
reconnaissance officielle et le soutien aux structures représentatives (francophones
et néerlandophones) de tous les médecins de famille.
La reconnaissance officielle et le financement des cercles est une
première étape importante dans ce sens, au niveau local. Mais aux autres
niveaux également, régional, communautaire, fédéral, des généralistes
détachés de leur pratique et rémunérés devraient assumer cette
représentation de façon professionnelle.
Les organisations de MG représentatives doivent mettre sur pied une
concertation mandatée avec la première ligne, avec les spécialistes et
les hôpitaux, avec les mutuelles, les pouvoirs publics et les autres
instances et organisations.
Il est dès lors nécessaire que les pouvoirs publics reconnaissent ce
droit fondamental à l'autodétermination; les MG doivent négocier via des
mandataires propres; de plus, les pouvoirs publics doivent mener et
exécuter leur politique de santé dans la même ligne, exclusivement par
et avec ces représentants mandatés de la profession.
5. Organisation et
financement d'un système de qualité pour et par les médecins
généralistes
5.1. Financement de l'organisation des soins de qualité (formation
professionnelle continue) par les MG eux-mêmes
5.2. Financement du temps consacré par les médecins à leur formation
continue, via l'augmentation de l'indemnité d'accréditation (2 500 € par
an)
5.3. Evaluation de l'accréditation.
Les généralistes tentent d'effectuer leur travail d'une façon optimale
sur le plan qualitatif. Jusqu'à présent ils n'ont pas été suffisamment
honorés et soutenus dans cette démarche.
Deux piliers importants sont au centre de cette revalorisation de la
médecine générale:
1. La tenue à jour des compétences et des capacités du généraliste
Un système d'accréditation a été mis sur pied il y a quelques années
déjà dans ce but, via lequel les MG peuvent collecter des crédits en
assistant à des séances de formation continue. Ce système appelle une
réévaluation urgente: la structuration en est peu transparente et on n'a
jamais élaboré de façon professionnelle l'encadrement nécessaire à son
déroulement optimal. On n'a pas davantage mis des moyens réels à
disposition pour y arriver.
L'accréditation est dès lors ressentie par la majorité des médecins
comme une charge administrative supplémentaire, plutôt que comme un
stimulant pour améliorer leurs connaissances.
Bien que la formation soit essentielle pour tout médecin, on attend du
généraliste qu'il s'y livre pratiquement sans paiement et notamment
après ses heures de travail. Il ne reçoit à l'heure actuelle, pour ce
faire, qu'un forfait de 500 € par an.
2. L'organisation d'un soutien à la qualité des soins dans son propre
cabinet
Il y a une distinction entre savoir quelque chose et faire quelque chose.
Pour savoir ce que l'on fait, il faut des données chiffrées. La mise à
disposition de données précises sur le fonctionnement des pratiques -
dans le cadre d'un feedback de stimulation - est dès lors une part
essentielle d'un système visant à la qualité. La profession s'est
engagée, aux côtés des pouvoirs publics et du collège intermutualiste, à
le réaliser.
La façon dont les chiffres sont générés et présentés reste un élément
crucial. La délégation maximale au groupe professionnel est ici aussi
essentielle: sécurité et stimulation au lieu de contrôle et sanction.
Mais il faudra prévoir les budgets suffisants pour le réaliser. Des
budgets, d'une part, aux organisations de MG qui doivent concrétiser
cela, mais aussi aux généralistes eux-mêmes, qui doivent être
récompensés pour les efforts fournis dans le but d'atteindre la
meilleure qualité.
L'organisation concrète de ceci peut être différente en Flandre et en
Belgique francophone.
En Flandre, les MG ont décidé, en tant que groupe professionnel,
d'assumer eux-mêmes la responsabilité de la qualité des soins. Nous
demandons dès lors la reconnaissance et le soutien de la cellule qualité
pour le généraliste flamand. Cette organisation commune de toutes les
associations de MG en Flandre a été mise sur pied pour soutenir la
qualité des MG dans leur pratique. Les différentes organisations y
apportent leurs connaissances et leur main-d'œuvre, notamment sur le
plan du développement de directives et de la formation continue. Elle
est le partenaire de dialogue des pouvoirs publics dans le soutien à la
qualité, via la participation et la coordination du feedback vers les
généralistes, mais aussi via le soutien aux cercles locaux et leurs
responsables pour la formation continue et les Glems.
Il est important de noter à cet égard que nous proposons également de
reconnaître et de soutenir les cercles locaux dans leur rôle de
coordination locale de la qualité. Ils jouent dès à présent un rôle
essentiel dans la formation continue et l'organisation et le soutien de
la peer review.
6. Confirmer le généraliste dans sa position
de premier point de contact pour le patient dans la demande de soins.
a. Une diminution du ticket modérateur de la consultation du généraliste
(et une diminution plus importante en cas de DMG)
b. Une diminution du ticket modérateur de la consultation du spécialiste
recevant un patient qui lui a été adressé
c. Perception obligatoire du ticket modérateur (avec les exceptions
existant actuellement pour le tiers payant sur les actes intellectuels.
Dans le cadre de la WONCA européenne un nouveau texte de définition
concernant la médecine générale a été adopté en juin 2002 à Londres. Ce
texte a été approuvé par toutes les associations européennes de médecine
générale membres de la WONCA et soutenu par l'OMS.
Ce texte commence par poser : "Le médecin généraliste/médecin de famille
est:
a) normalement le point de premier contact médical à l'intérieur du
système de soins de santé, offrant un accès ouvert et illimité à ses
utilisateurs, traitant de tous les problèmes de santé indépendamment de
l'âge, du sexe, ou de toute autre caractéristique de la personne
concernée;
b) fait un usage efficient des ressources en soins de santé à travers
des soins coordonnés, en travaillant avec d'autres professionnels de
santé dans le cadre des soins primaires et en gérant l'interface avec
d'autres spécialités, assumant un rôle de défense du patient lorsque
c'est requis."
Ceci signifie que même au niveau européen, les MG sont les spécialistes
des soins primaires ou des soins de première ligne, quel que soit le nom
que l'on veuille leur donner. Le MG est "normalement" le premier point
de contact, ce qui signifie qu'il doit être normal et évident que l'on
va d'abord voir son médecin généraliste.
Le deuxième point, indépendamment de cela, est aussi clair: quelle que
soit la façon dont le patient aboutit dans le système de soins, nous
estimons qu'il est de notre tâche de collaborer avec les autres
intervenants, de garantir que les moyens sont utilisés de façon
efficiente; nous nous voyons comme les coordinateurs des soins et comme
le coach du patient. Nous voulons en tout état de cause accompagner le
patient afin qu'il opère les bons choix médicaux.
Et l'échelonnement moderne concerne cela: la tâche correcte par la
personne adéquate avec l'expertise appropriée. Nous considérons ce qui
est détaillé ci-dessus comme notre tâche de médecins de première ligne.
L'échelonnement concerne donc bien plus la répartition des tâches, la
communication et la complémentarité. Pas le fait de devoir être
obligatoirement adressé. Mais celui qui veut suivre sa propre voie doit
être prêt à payer plus pour cela.
Il s'agit de déterminer quel système est le plus efficient. De quelle
façon nous remplir notre tâche et comment les spécialistes peuvent
intervenir de façon complémentaire.
Cette vision repose sur plusieurs études internationales bien menées qui
ont déjà démontré l'effet économiseur de coûts de ces soins ambulatoires
articulés autour du MG comme pivot (Starfield) ?
L'organisation des soins de première ligne, qui touche chaque individu
tant pour les affections aiguës que pour la prévention, est donc d'une
importance capitale, pour ne pas dire déterminante, non seulement pour
ce qui concerne les coûts mais aussi pour la qualité des soins dans
notre pays et l'investissement des moyens dans ces soins.
De 80 à 90% des plaintes et problèmes de santé en moyenne peuvent être
parfaitement résolus par les généralistes. Souvent ils peuvent le mieux,
voire uniquement, être approchés de façon efficiente par le MG.
Les gens se présentent chez le généraliste avec des plaintes vagues et
des problèmes très atypiques, souvent aussi avec plusieurs problèmes
simultanés. Le diagnostic rapide et efficient, ainsi que le traitement
de ces problèmes, avec un minimum d'examens complémentaires, dans le
cadre de soins personnalisés sur mesure sont caractéristiques du travail
du généraliste. Les spécialistes, eux, sont parfaitement adaptés pour la
suite de l'examen et le traitement rapides et efficients de problèmes
importants et mettant la vie en danger. Mais l'homme est plus que la
somme de ses organes. Cette approche globale, d'une part et les
caractéristiques spécifiques de la médecine générale, d'autre part, du
travail sur des plaintes vagues et des symptômes avec une prévalence
faible, aboutissent à une position unique et irremplaçable dans le
tableau des soins de santé. De plus, le MG joue souvent pendant et après
le processus d'envoi chez le spécialiste un rôle important de soutien (cette
fois encore, non payé).
Si on part du fait que le MG adresse 10 à 15% de ses patients à un
spécialiste, le généraliste qui soigne lui-même 1% de plaintes en plus
est très efficient en termes de coûts parce qu'il fait baisser les coûts
en deuxième ligne pour sa patientèle de 5 à 10%.
Que remarquons-nous dans la réalité de notre système de soins belge? Les
patients ne sont pas encouragés, mais plutôt financièrement pénalisés, à
utiliser les soins de façon échelonnée.
Un patient qui consulte d'abord son MG paie en effet deux fois un ticket
modérateur (une première fois chez le généraliste, ensuite chez le
spécialiste), alors que quelqu'un qui va d'emblée à l'hôpital pour
n'importe quelle plainte s'en tire souvent sans rien payer du tout.
Le patient se voit financièrement récompensé lorsqu'il utilise la
deuxième ligne d'une façon générant davantage de coûts et puni lorsqu'il
aborde le système de soins d'une façon qualitativement justifiée et
génératrice d'économies, via la première ligne. Cette situation doit de
toute urgence être inversée, non en demandant des tickets modérateurs
accrus à ce patient, mais en différenciant les tickets modérateurs de
façon telle qu'une utilisation échelonnée justifiée des soins par le
patient devienne la forme de soins la moins coûteuse pour lui.
7. Organisation des
campagnes officielles qui poussent la population à choisir un
médecin de famille et de le consulter d'abord de préférence
Il faut tenter d'obtenir que dans les médias, la place logique et
socialement importante du généraliste soit soulignée et fasse l'objet
d'une promotion active. Cette promotion du rôle du MG doit être basée
sur des capacités qualitatives, propres à la spécificité de la
profession et doit être répétée de façon très régulière pour produire de
véritables effets.
Cette conscientisation du public est une tâche continue, qui doit aussi
être ancrée dans le quotidien à travers les divers contacts sociaux des
MG, non seulement avec les patients individuels mais aussi avec
différents acteurs qui exercent une influence déterminante dans le "choix"
de la demande de soins.
Les mutualités, pour commencer, ont, dans le cadre de leur mission
légale, une tâche importante dans la stimulation de leurs membres à
reconnaître le MG dans sa tâche. La promotion du DMG, en particulier,
devrait se faire de façon beaucoup plus intensive; il faudrait pousser
le patient à, choisir, en toute liberté, un généraliste fixe et qui
tienne son dossier.
Le travail de formation socio-culturel peut jouer un rôle important
également dans la prise de conscience.
Les assureurs également devraient faire davantage appel aux MG dans
l'exécution de missions d'examens et/ou d'expertise. Certains installent
toutefois un circuit parallèle, par exemple pour les examens préventifs
auprès de leur propre personnel.
Les écoles doivent également apprendre à l'occasion de problèmes
médicaux et d'accidents que chaque élève a déjà un médecin traitant, à
qui on peut s'adresser pour les problèmes médicaux aigus qui se
produisent à l'école.
Les hôpitaux sont submergés au niveau des urgences par toute une gamme
de pathologies relevant de la médecine générale: ici c'est la
concertation bilatérale avec le cercle local de généralistes qui, seule,
apportera une solution à l'emploi inapproprié et à l'abus du recours aux
urgences.
8. Organisations des services de
garde
a. La concrétisation d'un honoraire de disponibilité
b. L'organisation du service de garde doit continuer à relever de la
responsabilité des cercles locaux
c. Le financement de l'organisation du service de garde.
Un premier élément est réalisé: voir Arrêté royal du 25 novembre 2002,
publié au Moniteur du 14 décembre 2002: "Considérant que dans le cadre
d'une bonne gestion de l'assurance obligatoire soins de santé, il est
indispensable de développer et promouvoir les services de garde des
médecins généralistes et d'en assurer une correcte indemnisation pour
utiliser les moyens disponibles de façon efficiente; que l'instauration
rapide d'un honoraire de disponibilité particulier aux médecins de garde
est indispensable pour la réalisation de ce but; de sorte que le présent
arrêté, qui fixe les conditions et les modalités selon lesquelles
l'assurance obligatoire soins de santé et indemnités paie des honoraires
de disponibilité aux médecins qui participent à des services de garde
organisés, soit pris et publié dans les meilleurs délais."
A côté des tâches actuelles - organisation des services de garde et
représentation locale -, les cercles ont encore pas mal de fonctions
importantes; la réalisation par et via les cercles de réseaux locaux et
de systèmes de collaboration, adaptés aux situations locales, est
nécessaire pour offrir aux MG jeunes et aux femmes un avenir attractif
dans un cadre de travail acceptable.
Les cercles sont un maillon essentiel pour la réalisation de la
continuité et de la permanence des soins. Le fonctionnement actuel des
gardes doit, en subsidiarité avec la permanence au niveau du cabinet
personnel, assurer la disponibilité continue d'un généraliste pour la
population, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
9. Financement structurelle des
associations professionnelles
Les organisations de MG ont toujours, dans leur finalité, la réalisation
de soins de haute qualité pour les patients, à travers un bon soutien à
la médecine générale. Pour pouvoir réaliser cela, la
professionnalisation de l'organisation et du soutien de la médecine
générale est une priorité urgente.
La profession ne peut porter cela seule; pour arriver à ces soins
optimaux aux patients à travers un bon soutien et une défense
professionnelle correcte, les pouvoirs publics devront, dans la mesure
où ils trouvent cela important et prioritaire, prévoir des moyens
suffisants.
Aujourd'hui cela se fait par des médecins volontaires combinant cette
activité avec un travail à temps plein pendant la journée, source de
leurs revenus. Leur engagement, au contraire, se fait souvent au
détriment de leurs revenus propres. Nous devons pouvoir, en tant que MG,
dispenser nos représentants et les indemniser correctement pour leurs
engagements.
|
Regardez avec / kijk met 1280 x 1024 webmaster: domino▲syndicat@telenet.be © Domino vzw |
|||||